Welcome to the City : un pied à terre à Paris pour les navetteurs !
Hugo Houyez, CEO de Welcome to the City

Bienvenue dans Super Biens, le seul média 100% PropTech et FinTech en France. Interview d’un.e CEO, 1 mercredi sur 2.

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Hello Hugo, est-ce que tu peux nous présenter ton parcours ?
J’ai un parcours un peu atypique — comme pas mal de gens dans l’entrepreneuriat, et peut-être encore plus dans la PropTech ! Je ne suis pas du tout issu de l’immobilier à la base, j’ai fait des études de cinéma à Montréal, parce que je suis passionné par le septième art.
Après quelque temps, j’ai complètement changé de voie : je me suis formé au développement web via un bootcamp et j’ai commencé à bosser sur des applis web et mobiles, dont certaines ont plutôt bien marché.
Ensuite, j’ai tenté le rêve américain à San Francisco ! J’y ai vécu deux ans avant de rentrer en France, en 2020, au moment du Covid. J’ai rejoint une start-up luxembourgeoise dans la PropTech, en tant que cofondateur et CTO. C’était une boîte qui développait un SaaS pour les relocation managers — ces personnes dans les grands groupes chargées d’accompagner les nouvelles recrues en leur trouvant un logement temporaire, souvent pour un à trois mois, le temps qu’elles s’installent durablement. L’objectif étant de connecter ces managers avec des plateformes ou des institutionnels disposant de logements.
Après quelque temps, j’ai réalisé que je ne me sentais pas assez aligné avec le projet pour continuer à m’y investir. C’est à ce moment-là que j’ai rejoint Antler, un programme parisien d’incubation qui rassemble des profils complémentaires pour former des équipes et lancer des boîtes ensemble. C’est là qu’est né Welcome to the City, qui a été la seule start-up du batch à recevoir le feu vert du jury final.
La mission de Welcome to the City ?
Notre mission concrète - qui rejoint notre vision, c’est de faciliter l’accès à la ville pour toutes les personnes en déplacement régulier. De rendre la ville plus accessible, que ce soit en termes d’accès au logement, de simplicité d’installation, ou même de tarification.
Parce que la ville - et en particulier Paris, sur laquelle on concentre notre offre - est encore LE lieu où les opportunités professionnelles se concentrent et attirent de fait le plus de monde. Mais la ville, c’est aussi l’endroit où les envies personnelles et les trajectoires pro ne collent pas toujours avec l’offre de logement disponible.
Notre but, c’est donc d’accompagner ces personnes - qui habitent en province ou en grande région parisienne et qui viennent ponctuellement à Paris — pour qu’elles puissent se loger plus facilement et s’ancrer dans la ville.
Peux-tu développer sur la cible ?
On s’adresse principalement à une niche bien identifiée : les professionnels en déplacement régulier. Ce sont souvent des personnes qui vivent en province ou en région, et qui travaillent à Paris une à deux fois par semaine, typiquement pour aller au bureau, collaborer en présentiel, échanger avec leurs équipes. En moyenne, ils restent deux nuits sur place.
Le problème, c’est que les solutions de logement actuelles ne sont pas du tout adaptées à leur mode de vie. Louer un appartement à l’année, c’est cher — et en plus, il reste vide la majeure partie du temps. L’hôtel ou l’Airbnb coûtent aussi très cher, et ce n’est pas toujours très flexible ni accessible.
Face à cette problématique, on a donc créé une solution d’hébergement abordable, pensée spécifiquement pour ces profils hybrides, en quête de flexibilité, d’accessibilité… et de simplicité !
Peux-tu nous dire comment se passe une réservation concrètement ?
C’est simple, rapide, et surtout pensé pour s’adapter au rythme de chacun des utilisateurs. Une fois arrivés sur notre plateforme, ils remplissent un formulaire en indiquant leur besoin : combien de nuits par semaine ils viennent à Paris, quels jours précisément, et éventuellement une zone géographique préférée.
Ensuite, la plateforme agrège cette demande avec celles d’autres personnes ayant des rythmes complémentaires. Imaginons que quelqu’un vienne le lundi-mardi, une autre le mercredi-jeudi, une troisième personne le week-end… la plateforme va les placer dans un même logement, qu’elles vont partager sans jamais se croiser. C’est un peu comme une colocation tournante, mais fluide et totalement gérée par nous.
On s’occupe de tout : la recherche et la mise à disposition du bien, l’affectation d'un “colocataire” à un bien, la gestion du logement, etc. On fait en sorte que nos utilisateurs aient accès en autonomie à leur logement via une application mobile avec codes sécurisés. Chaque locataire a un espace personnel pour laisser ses affaires, par exemple, le linge de lit, qu’il se charge de mettre et retirer en fin de séjour. Et si tu veux un service de ménage, tu peux le demander en option.
Le concept repose sur une idée simple : proposer un logement pensé comme une chambre d’hôtel optimisée, mais sans équipements ou services inutiles, à un tarif ultra compétitif. Pas besoin de cuisine complète ou de dressing XXL — juste un espace confortable et pratique pour dormir, semaine après semaine.
Côté tarification ?
C’est là que l’offre devient vraiment intéressante. Le tarif démarre à 35€, avec un prix moyen à 55 € la nuit à Paris, ce qui est ultra compétitif. À titre de comparaison, une chambre d’hôtel trois étoiles à Paris tourne en moyenne autour de 135 € la nuit – ça fait une sacrée différence, surtout à l’année !
Au-delà du prix, il y a aussi le confort mental : pas besoin de refaire une réservation chaque semaine ni de chercher une nouvelle chambre à la dernière minute si l'hôtel habituel est plein. Parallèlement, pas de mauvaise surprise liée à une hausse des prix pour cause d’événement ou de pénurie de logements. Le logement est réservé, semaine après semaine, au même endroit, au même tarif. C’est stable, clair, et pratique pour ceux qui ont un rythme régulier.
Peux-tu nous en dire plus sur le partenariat avec Atom ?
Atom, c’est notre premier partenaire sur la partie “supply”. Concrètement, Welcome to the City gère toute la demande, l’organisation et la relation avec les utilisateurs, tandis qu’Atom va intervenir sur l’acquisition des biens. C’est Atom qui va trouver sur le terrain les biens que nous allons proposer à la location et les financer. Pour trouver les bons biens, on a travaillé sur un cahier des charges très précis : localisation, typologie, configuration…
Ensuite, on travaille main dans la main : nous accompagnons le projet dès l’achat jusqu’aux travaux d’aménagement, pour y intégrer notre charte “logement Welcome”, pensée spécifiquement pour les personnes en déplacement régulier. Ce partenariat nous permet de garantir une expérience cohérente et qualitative dans chaque lieu.
Interview Super Biens de Thierry Vignal, CEO d’Atom, à retrouver juste ici.
J’ai vu qu’il y a une offre entreprise ?
Alors oui, au démarrage, on a testé une offre entreprise, parce que notre tout premier client a été BlaBlaCar. La raison est assez simple : on proposait un logement dans le 11e, à proximité de leur siège ! On a donc mis à disposition ce logement plusieurs nuits par semaine pour leurs salariés. Pour eux, c’était avantageux : au lieu de payer l’hôtel, ils utilisaient notre logement, qui le reste du temps, était loué à une autre personne de notre réseau. Ça leur permettait en outre d’offrir une expérience plus confortable et flexible à leurs collaborateurs.
Mais rapidement, on s’est rendu compte que ce modèle de logement “semi-privé” - qui n’était pas utilisé par la même personne de BlaBlaCar d’une semaine sur l’autre, n’était pas tout à fait aligné avec notre vision. Nous ce qu’on souhaite, c’est plutôt de mutualiser les séjours de plusieurs personnes sur la semaine, façon coliving asynchrone. Donc, on s’est un peu éloignés de ce modèle pour nous concentrer sur le B2C où la demande individuelle est déjà très forte.
Bien sûr, on peut fonctionner en B2B2C, via les RH ou les avantages salariés, mais on n’a pas encore d’offre entreprise formalisée ni de remise spécifique. Cela dit, on reste ouverts à des partenariats intelligents, surtout quand plusieurs salariés d’une même boîte utilisent déjà Welcome.
Challenge actuel ?
Aujourd’hui, notre vrai défi, c’est la supply. Côté locataires, le bouche-à-oreille fonctionne très bien : on ne fait aucun marketing, et pourtant la demande dépasse largement notre capacité actuelle. On a même une liste d’attente bien remplie, ce qui confirme l’attrait du modèle.
Mais avant de penser à accélérer l’acquisition locataire, il faut qu’on soit capables de suivre côté logements. On se concentre donc à fond sur la structuration et la montée en puissance de l’offre : repérage, acquisition, mise aux normes “Welcome”… Une fois cette mécanique bien huilée, on pourra envisager d’activer de nouveaux canaux d’acquisition pour les utilisateurs. Bref, on rôde la supply avant de chercher plus de locataires.
Pourquoi êtes-vous la seule entreprise sur ce créneau ?
Parce que personne ne s’est vraiment attaqué à ce problème, tout simplement. Même si, avec l’essor du télétravail et les nouveaux rythmes de vie pro/perso, la demande explose et le besoin est réel, le temps partagé dans le logement est encore un modèle très peu / très mal connu et surtout complexe à opérer. C’est pour ça qu’il n’y a pas encore de gros acteur positionné là-dessus et qu’il n’existe pas de catégorie dédiée sur les plateformes classiques. Gérer un bien en temps partiel, c’est autre chose que de la location courte ou longue durée : il faut penser en récurrence, en coordination, en expérience utilisateur. Il existe bien quelques tentatives, comme Week Away, mais ce sont surtout des plateformes de mises en relation — rien de structuré ou opéré comme nous. Aujourd’hui, sur notre modèle hybride — temps partagé, logements opérés et expérience locataire centralisée — on est effectivement les seuls.
4 chiffres sur Welcome to the City ?
On a lancé il y a 10 mois (en septembre 2024), donc je vais plutôt partager des chiffres marché :
150 000 navetteurs — ces actifs qui vivent en région et montent à Paris chaque semaine : un marché de niche, mais qui commence à peser lourd
55€ la nuit chez nous en moyenne, contre 135 € par nuit d’hôtel en moyenne
150 000 chambres de bonnes à Paris sous-exploitées, ce qui offre une opportunité évidente : remettre en circulation ces surfaces pour une demande ultra-ciblée, régulière et en croissance.
50 % des gens qui habitent à Paris préfèreraient habiter ailleurs.
Même si c’est un nouveau marché, donc difficile à quantifier précisément, les fondamentaux sont là.
Léo-Pol : D’autant que si le concept se développe et commence à être connu, des personnes qui habitent actuellement Paris pourraient être tentées de partir en province. La demande peut donc devenir exponentielle !
Hugo : Oui, c’est hyper excitant ! Après, restons nuancés. Est-ce que, sur les 50% de personnes qui déclarent implicitement vouloir partir, toutes s’en iront ? Peut-être pas. C’est peut-être simplement un moment de vie compliqué à gérer à Paris (par exemple quand tu as de jeunes enfants) plutôt qu’une aspiration personnelle profonde et constante à vivre ailleurs. Mais quoi qu’il en soit c'est intéressant et prometteur !
Une anecdote sur WTTC ?
Difficile d’oublier la première nuit du tout premier collaborateur BlaBlaCar dans un de nos biens Welcome to The City ! À minuit, je reçois un appel : la collaboratrice a repéré des puces de lit ! Grosse montée d’adrénaline, évidemment. On a immédiatement pris le relais, la personne a été relogée immédiatement, la nuit a été à notre charge. Heureusement, la relation avec BlaBlaCar était saine, leur responsable RH/immobilier a été très compréhensive, car elle sait que ce genre de choses peuvent arriver même dans un logement bien noté et validé auparavant… Mais sur le coup, je me suis dit que c’était le pire timing possible ! Après coup, j’analyse ça aussi comme un bon rappel : en start-up, le zéro faute n’existe pas. L’essentiel, c’est de réagir vite et bien.
Vision à 3 ans ? Autres villes dans le viseur à l’international ?
À horizon trois ans, l’ambition est claire : installer Welcome to The City dans une dizaine de villes européennes. Pas seulement en France — des hubs comme Luxembourg, Londres, Genève, Munich ou Zurich sont dans le viseur. Des villes dynamiques, bien connectées, où le phénomène des navetteurs hebdomadaires existe aussi mais reste sous-adressé.
Notre objectif est de bâtir un parc locatif Welcome to The City, proposer une expérience unifiée, pensée pour le temps partagé. Le tout avec notre propre marque, notre niveau de service et notre vision. Aujourd’hui, aucun acteur n’occupe vraiment ce créneau à l’international. L’espace est ouvert, le besoin croît, on veut être les premiers à s’y installer avec une vraie proposition.
Ton mantra personnel ?
C’est un peu cliché, mais je ne fais pas ça pour l'argent. Le projet Welcome to The City, c’est d’abord une passion pour les modes de vie en transition, une curiosité pour les usages de demain, et un goût prononcé pour la narration. J’ai un passé d’études en cinéma, et je m’inspire beaucoup de la fiction pour me projeter dans des futurs proches, plausibles, où la technologie transforme les usages - un peu l’univers de Black Mirror, la noirceur en moins (rires). Ce que l'on construit aujourd’hui peut s’inscrire dans un monde où le travail est plus fluide, les déplacements optimisés, et l’humain remis au centre — avec une techno utile, non invasive, au service de la liberté de mouvement.
Qu’est-ce qui définit une boîte idéale selon toi ?
La boîte idéale, pour moi, c’est celle qui sert vraiment l’humain, qui répond à de vrais besoins, de manière simple, fluide, naturelle. Je pense que la technologie n’est pas là pour impressionner : elle est là pour s’effacer, pour faciliter la vie, créer du lien, rendre les choses possibles sans être envahissante. Pas de puce dans le cerveau. Juste des solutions concrètes, accessibles, au service d’un quotidien plus libre.
Dernière chose à partager ?
Aujourd’hui, l’accès à la propriété, surtout quand on est jeune, c’est devenu un parcours du combattant. Les conditions sont rudes, l’héritage est souvent un passage obligé, et on finit par revoir ses rêves à la baisse. C’est frustrant. Et c’est justement là que Welcome to the City veut agir : en rouvrant le champ des possibles.
Parce qu’en fait, tu peux très bien bosser à Paris, mais vivre dans une ville plus accessible, plus douce, plus humaine. Tu peux avoir le job ET la qualité de vie. Le télétravail, le retour partiel au bureau, les nouveaux usages… Tout ça, c’est une opportunité, si c’est bien pensé. Et nous, on est là pour que ce soit bien pensé, fluide, humain, durable.
Intéressé.e par les services de Welcome to the City ? Retrouvez leur offre de logements à temps partiel juste ici.
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