Toutes les conversations
FINANCE & FINTECH

Memo Bank : la banque des acteurs financiers (+4 milliards € de paiements/mois)

Jean-Daniel Guyot, CEO de Memo Bank

Jean-Daniel GuyotMemo Bank
Visuel de l’interview Memo Bank
Jean-Daniel Guyot, Memo Bank

Bienvenue dans cette 124ème édition de Super Biens, la newsletter des PropTech & FinTech (2 interviews de CEO par mois) ⚡


Édition proposée par Podium Content :

Depuis plus de 5 ans, notre agence accompagne les leaders du secteur Immobilier / PropTech et Finance / FinTech.

Nous créons des contenus de marque qui engagent et convertissent via :

👉 SEO

👉 GEO

Ils nous font confiance :

🤝 Nexity, Crédit Agricole, Nalo, Malakoff Humanis, Anaxago, Floa Bank, Inter Invest, Empruntis, April, Mon Petit Placement, etc.

Nos contenus sont humains-first et le resteront.

Échangez avec moi et profitez d’un contenu d’essai offert.


À découvrir dans cette édition :

  • 🚂 De Captain Train à Memo Bank : après une première entreprise revendue à Trainline en 2016, Jean-Daniel Guyot s’est lancé dans la construction d’une banque pensée dès le départ pour la technologie.

  • 🔌 900 entreprises, +4 Md€ de paiements mensuels et 70 % des flux automatisés : Memo Bank veut débarrasser acteurs financiers, fonds et SCPI des lourdeurs bancaires traditionnelles.

  • 🤖 Claude et ChatGPT comme nouvelles interfaces bancaires ? Grâce à son connecteur MCP, Memo Bank permet déjà d’interroger ses données financières en langage naturel.

  • 🗣️ « C’est à l’infrastructure bancaire de s’intégrer nativement aux outils des entreprises. » Une conviction qui résume la transformation que Memo Bank anticipe pour les 10 prochaines années.

  • 🧭 Après +70 % de PNB en 2025 et la rentabilité en 2026, l’ambition est désormais européenne : faire de Memo Bank la référence des paiements API-first.


Hello Jean-Daniel, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Hello Léo-Pol, merci pour l’invitation ! Ingénieur de formation, passionné de code et de création de produits, j’ai cofondé Captain Train en 2009 pour simplifier l’achat de billets de train en Europe, entreprise revendue à Trainline en 2016. Fin 2017, avec Michel Galibert mon associé, nous avons décidé d’attaquer un chantier encore plus vaste : reconstruire une banque commerciale de zéro pour les entreprises.


La genèse et la mission de Memo Bank ?

Chez Captain Train, dès que notre activité s’est développée, la gestion bancaire est devenue une source constante de ralentissements : interfaces dépassées, processus de crédit interminables, interlocuteurs peu réactifs. Nous avons réalisé qu’il n’existait pas d’offre bancaire moderne adaptée aux entreprises. La mission de Memo Bank est d’offrir aux dirigeants une banque commerciale réactive, transparente et dotée d’outils technologiques au niveau des meilleurs standards actuels.


Qu’est-ce qui différencie vraiment Memo Bank des néobanques comme Qonto ou Shine ?

Le statut et le périmètre. Qonto est un établissement de paiement pour les indépendants et les TPE qui cherchent un compte courant, des cartes et un suivi de dépenses. Memo Bank est une véritable banque (établissement de crédit avec agrément complet accordé par la BCE et l’ACPR). Nous prêtons directement à partir de notre propre bilan, et nous nous adressons aux entreprises à forte intensité transactionnelle qui réalisent plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires et qui traitent des milliers de flux par mois.


Quel est votre plus gros avantage face aux banques historiques ?

Notre système d’information. Nous avons développé notre propre Core Banking System de zéro, sans traîner 40 ans de dette technologique. Résultat : des ouvertures de compte fluides, des paiements en temps réel, des intégrations API directes et un chargé d’affaires dédié joignable immédiatement.


Qui sont vos principaux profils de clients ?

Ce sont surtout des néo-assureurs, des courtiers, des sociétés de gestion ou encore des fonds d’investissement. Ce sont des acteurs de la finance qui gèrent des flux importants, qui ont de forts enjeux de conformité réglementaire et qui exigent une infrastructure bancaire extrêmement robuste et API-sable pour accompagner leur propre activité.


Quel est le plus gros problème que vous résolvez pour vos clients ?

La lenteur administrative, la rigidité technologique et la complexité liée à la conformité. Pour un fonds, une société de gestion ou un courtier, ouvrir des comptes de cantonnement (avec toutes les lourdeurs d’onboarding et de vérifications KYC/AML que cela implique pour des entités réglementées) et automatiser des flux de paiement dans une banque traditionnelle relève du parcours du combattant. Nous leur redonnons de la vitesse, de l’autonomie et une intégration directe avec leurs propres outils, tout en leur garantissant un cadre bancaire parfaitement conforme pour sécuriser les fonds de leurs propres clients.

Pour une SCPI, le problème majeur est l’incapacité des acteurs traditionnels à traiter des volumes transactionnels massifs et fragmentés dans le strict respect des exigences réglementaires de l’AMF et de la LCB-FT. Une SCPI gère l’encaissement de milliers de souscriptions, la collecte de loyers auprès de centaines de locataires B2B et la redistribution mensuelle de dividendes à des milliers d’associés. Réaliser ces opérations via le dépôt manuel de fichiers XML ou EBICS génère un risque opérationnel élevé, des retards comptables et complique la traçabilité des fonds. Nous résolvons cela en transformant la banque en « usine à flux » automatisée par API, couplée à une segmentation par comptes dédiés et IBAN virtuels pour une réconciliation automatique et un contrôle simplifié des flux. Notre API permet même d’y rattacher automatiquement les justificatifs pour faciliter les audits de conformité.


Quels sont les plus gros défis auxquels vos clients font face aujourd’hui ?

L’automatisation à grande échelle de leurs flux financiers, la sécurisation des fonds de leurs propres clients et la conformité réglementaire stricte (AMF, ACPR, LCB-FT), sans dégrader l’expérience utilisateur.

Par exemple, les SCPI font face à trois défis opérationnels clés :

  • L’absorption de la volumétrie à grande échelle : Gérer la forte croissance du nombre d’associés implique de pouvoir exécuter et vérifier des milliers de transactions mensuelles (par exemple 8 000 virements de dividendes par mois chez Iroko Zen ou Remake) sans augmenter proportionnellement les effectifs financiers.

  • La réconciliation comptable et la gestion multi-comptes : Une SCPI doit cloisonner ses flux pour faciliter sa gestion (comptes souscriptions, dividendes). Identifier l’origine de chaque virement entrant et traiter les rejets de prélèvements requièrent des outils modernes comme les IBAN virtuels et les notifications par webhooks en temps réel.

  • L’optimisation de la trésorerie en attente d’investissement : Avec des collectes mensuelles de 30 à 50 millions d’euros, les SCPI doivent faire fructifier leurs liquidités sur des comptes à terme (CAT) ou des comptes rémunérés le temps de finaliser l’acquisition des actifs immobiliers, souvent avec des contraintes de paiements internationaux en devises.


Quelle place l’intelligence artificielle va-t-elle prendre dans la banque ?

L’IA va prendre une place centrale, à la fois dans l’expérience client et dans nos opérations internes. C’est pourquoi nous avons fait de Google Cloud notre partenaire technologique stratégique. L’IA agentique va nous permettre de fluidifier l’intégration de nouveaux clients et d’automatiser l’analyse des dossiers. En interne, des outils comme Gemini réinventent nos modes de travail et renforcent notre gestion des risques ou notre analyse documentaire. Enfin, côté client, l’IA devient une nouvelle interface : grâce à notre connecteur MCP (Model Context Protocol), nos clients peuvent désormais interroger leurs données bancaires en langage naturel, directement depuis un assistant IA comme Claude ou ChatGPT.


Quelle est la fonctionnalité dont vous êtes le plus fier ?

Je dirais justement notre connecteur MCP, qui s’appuie sur notre API Premium lancée en 2022. Nous sommes la première banque européenne intégrée à la marketplace de Claude. Cette fonctionnalité permet à un directeur financier de demander à son IA de comparer l’historique bancaire avec un ERP, de trouver des anomalies ou de rattacher automatiquement des justificatifs, le tout avec un niveau de sécurité maximal et sans jamais exposer ses identifiants bancaires.


4 chiffres sur votre activité ?

  • 70 % de croissance de notre Produit Net Bancaire (PNB) en 2025, ce qui nous a permis d’atteindre la rentabilité dès le premier trimestre 2026.

  • +4 milliards d’euros : le volume de paiements que nous traitons chaque mois

  • 70 % : la part des flux de nos clients qui transitent aujourd’hui de manière 100 % automatisée via notre API.

  • 900 : le nombre d’entreprises clientes


Quel est votre plus gros objectif pour Memo Bank dans les prochaines années ?

Notre ambition majeure est de devenir la référence européenne des paiements API-first pour les entreprises à forte intensité transactionnelle. Maintenant, que nous avons franchi le cap de la rentabilité au premier semestre 2026, nous accélérons notre développement à l’échelle européenne afin d’accompagner les acteurs financiers, sociétés de gestion et plateformes tech sur tout le continent.

Pour soutenir ce déploiement européen, notre feuille de route repose sur trois piliers stratégiques :

  • Le développement de nos capacités multi-devises pour faciliter les transactions transfrontalières et l’acquisition d’actifs à l’international.

  • L’enrichissement continu de notre API Premium, qui constitue le cœur technologique de notre usine à flux.

  • L’interconnexion native avec les principaux logiciels de gestion et ERP du marché européen.


Si vous deviez résumer Memo Bank en une seule phrase, laquelle serait-ce ?

Memo Bank est la banque indépendante conçue autour d’une architecture API-first, qui permet aux entreprises à forte intensité transactionnelle d’automatiser intégralement la gestion de leurs flux financiers.


Comment voyez-vous évoluer le secteur bancaire dans les 10 prochaines années ?

Nous sommes convaincus que les entreprises ne devraient plus avoir à adapter leurs processus aux interfaces de leur banque. C’est l’inverse qui doit se produire : c’est à l’infrastructure bancaire de s’intégrer nativement aux outils des entreprises. À mesure que les assistants IA deviennent un point d’entrée incontournable dans les environnements de travail, les services bancaires vont devoir s’y intégrer de manière invisible et fluide. Au-delà de l’usage et des interfaces, l’infrastructure même des échanges de valeur va profondément se transformer. C’est d’ailleurs pour anticiper ces mutations que nous participons aujourd’hui activement à différentes initiatives européennes portant sur la tokenisation des paiements et des infrastructures de paiements.


Dernière chose à partager pour conclure ?

Ouvrir de nouveaux canaux d’accès aux données financières comme nous le faisons avec l’IA est passionnant, mais notre rôle de banque est de rendre ces nouveaux usages possibles avec le niveau de contrôle, de sécurité et de traçabilité le plus strict. Le contrôle des fonds doit rester intégralement entre les mains du client, et c’est cet équilibre entre agilité technologique et résilience d’infrastructure qui fait la force de Memo Bank.